Trump affronte le président sud-africain sur des allégations non fondées de « génocide »
Le bureau ovale a été la scène d'un nouvel affrontement avec un dirigeant étranger, mercredi, alors que le président américain, Donald Trump, a répété devant son homologue de l'Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, des théories conspirationnistes selon lesquelles les fermiers blancs de ce pays font notamment l'objet d'un « génocide ». Si la rencontre ne s'est pas soldée par l’expulsion de la délégation invitée comme lors de la réunion contentieuse avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, en février dernier, elle n'en a pas moins été marquée par des tensions. Elle a aussi été caractérisée par une scène inhabituelle dans le bureau ovale, que plusieurs médias américains ont même qualifiée d' Après un début de réunion au ton cordial, Donald Trump a demandé que les lumières soient tamisées pour la projection d'un montage vidéo d'environ 5 minutes prouvant, selon lui, que les fermiers sud-africains blancs se font tuer en masse et se voient confisquer leurs terres. On y entendait notamment le leader d'un parti d'opposition de la gauche radicale sud-africaine, qui a obtenu moins de 10 % des voix aux dernières élections, entonner Tuez le Boer, un chant hérité de la lutte antiapartheid, l'ex-régime de la minorité blanche. Feuilletant ensuite plusieurs copies de textes présentés comme des articles, Donald Trump en a résumé les grands titres en martelant plusieurs fois le mot Conservant son calme, son homologue a tenté de remettre les pendules à l'heure, soulignant notamment que son gouvernement n'appuyait pas la violence. Il y a de la criminalité dans notre pays. Les personnes qui se font tuer, malheureusement, à cause d’activités criminelles, ne sont pas seulement des Blancs – la majorité sont des Noirs. Essayant à plusieurs reprises de recadrer la discussion sur les questions économiques, Cyril Ramaphosa s'est cependant dit prêt à discuter avec Donald Trump de ses Ces derniers constituent la majorité de la population blanche d'Afrique du Sud. C'est de cette frange de la population qu'est issue la classe politique à l'origine de l'apartheid, le système de ségrégation raciale qui a privé la population noire majoritaire de ses droits pendant plusieurs décennies. Le président américain est en outre revenu à la charge dans ses critiques contre une loi sud-africaine, promulguée plus tôt cette année, qui permet au gouvernement de Pretoria, dans certaines circonstances et lorsque cela est dans l'intérêt général, de saisir des terres sans indemnisation. La grande majorité des terres est détenue par la minorité blanche du pays, héritage d'une politique d'expropriation de la population noire pendant l'apartheid. Alors qu'une journaliste demandait à Donald Trump ce qui le convaincrait du fait qu'il n'y a pas de Ce qui peut le convaincre, c'est d'écouter les voix des Sud-Africains – dont certains sont ses bons amis, comme ceux qui sont ici. Le président sud-africain avait inclus dans sa délégation deux champions de golf, Ernie Els et Retief Goosen, qui connaissent Donald Trump, ainsi que l'entrepreneur milliardaire Johann Rupert. Le ministre sud-africain de l'Agriculture, John Steenhuisen, qui appartient à un autre parti que le président de son pays, a souligné que les leaders entendus dans la vidéo représentaient des partis minoritaires. C'est précisément pour À l'instar d'autres membres de la délégation sud-africaine, Johann Rupert a tenté de recadrer la vision de Donald Trump, présentant les actes de violence non pas comme un problème de racisme, mais de criminalité pour laquelle le pays requérait le soutien des États-Unis. Originaire d'Afrique du Sud, Elon Musk, l'allié de Donald Trump qui met le plus en avant les allégations d'un La première question des médias posée après la vidéo concernait l'acceptation formelle du 747-8 donné au Pentagone par le Qatar, un développement survenu pendant la rencontre. Le président Trump n'a visiblement pas apprécié le changement de sujet et a insulté le journaliste de NBC ainsi que le réseau de télévision. Tentant de dissiper les tensions, le président Ramaphosa a, à un certain point, lancé à la blague : M. Ramaphosa a en outre démenti l'expropriation des fermiers blancs. Tout au long de la réunion devant les caméras, le président Ramaphosa a abondamment remercié et complimenté son hôte, par exemple sur la redécoration du bureau ovale, où le doré est désormais omniprésent, en plus de rire de ses blagues. Donald Trump n'a par ailleurs pas indiqué s'il participerait au Sommet du G20 que tient l'Afrique du Sud à Johannesburg, en novembre. Après la rencontre, l'Afrique du Sud a dit avoir présenté à la Maison-Blanche une proposition économique et commerciale. En l'absence d'une entente commerciale d'ici juillet, le pays risque de se voir imposer des droits de douane de 30 %, dans la foulée de l'offensive tarifaire tous azimuts lancée le 9 avril par Donald Trump, mais temporairement suspendue (nouvelle fenêtre). Le gouvernement sud-africain espérait dissiper les tensions diplomatiques des derniers mois, l'administration Trump dénonçant ce qu'elle perçoit comme une persécution de la minorité blanche. La rencontre survient quelques jours après l'arrivée aux États-Unis d'environ 60 Afrikaners, acceptés comme Des dizaines d'Afrikaners ont été accueillis comme réfugiés aux États-Unis il y a une dizaine de jours. Photo : Getty Images / SAUL LOEB Alors que le processus pour obtenir l'asile prend habituellement des années, les fermiers blancs ont pu atterrir aux États-Unis trois mois après la signature du décret présidentiel qui leur ouvrait les portes. Dans les dernières semaines, l'administration Trump a par ailleurs supprimé l'aide financière destinée à l'Afrique du Sud et expulsé du pays l'ambassadeur sud-africain à Washington. Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a en outre boudé une réunion du G20 en Afrique du Sud, invoquant entre autres Autre irritant : la décision de l'Afrique du Sud de saisir la Cour internationale de justice au sujet de la campagne militaire israélienne à Gaza, qu'elle assimile à un génocide. embuscade
.mort
. Je ne sais pas, tous ces articles des derniers jours disent : mort de personnes, mort, mort, morts horribles, mort
, a-t-il déclaré.Les Sud-Africains blancs fuient la violence et les lois racistes
, a-t-il soutenu. C’est en quelque sorte l’inverse de l’apartheid. Ce qui se passe actuellement n’est jamais rapporté. Personne n’en entend parler
, a-t-il dit.Les fermiers ne sont pas noirs
, a rétorqué Donald Trump. S'il est vrai que plusieurs des meurtres commis dans des fermes ont été perpétrés contre des propriétaires blancs, plusieurs des victimes sont des travailleurs agricoles, le plus souvent noirs.préoccupations
au sujet des Afrikaners, descendants des colons d'origine européenne.Des personnalités sud-africaines en renfort
génocide blanc
, le président Ramaphosa est intervenu. S’il y avait un génocide des fermiers afrikaners, je peux vous assurer que ces trois messieurs ne seraient pas ici, pas plus que mon ministre de l’Agriculture
, a-t-il dit des quatre hommes, tous blancs. Ils ne seraient pas avec moi. Il faudra que le président Trump écoute leurs histoires, leurs points de vue.
garder ces personnes loin du pouvoir
qu'il a dit s'être joint au gouvernement d'unité nationale.Nous avons trop de morts
, a-t-il déploré. Il ne s’agit pas seulement des fermiers blancs, cela touche tout le monde, et nous avons besoin d’aide technologique. Nous avons besoin de Starlink dans chaque petit poste de police
, a-t-il dit, évoquant le système de service d'accès Internet par satellite du multimilliardaire Elon Musk. Nous avons besoin de drones.
génocide blanc
dans ce pays, était d'ailleurs présent à la rencontre. Désolé, je n’ai pas d’avion à vous offrir
Je suis désolé, je n’ai pas d’avion à vous offrir.
J’aimerais que vous en ayez un. Je le prendrais
, a rétorqué le président américain.Non, non, non, non, personne ne peut prendre des terres
, a-t-il répondu après que son homologue l'eut accusé d'autoriser
la confiscation de terres.Je pense que sans les États-Unis, ce n’est vraiment pas très important. Ce n’est pas la même réunion
, a-t-il déclaré. Des mois de tensions
réfugiés
, même si Donald Trump a suspendu l'accueil des réfugiés dès le début de son mandat.
l'expropriation de propriétés privées
. Il a aussi accusé Pretoria de vouloir se servir de cette plateforme pour promouvoir la diversité et l'inclusion
et [la lutte contre] les changements climatiques
.
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